Meredith Terretta

Carte électronique

Meredith Terretta
Chaire Gordon F. Henderson sur les droits de la personne

Pavillon Desmarais, DMS9110 (55, avenue Laurier Est)

Bureau : 613-562-5800 poste 1302

Courriel professionnel : mterrett@uOttawa.ca

Biographie

Mme Terretta est professeure agrégée du Département d’histoire de l’Université d’Ottawa, où elle enseigne des cours et dirige les recherches des étudiants en histoire des droits de l’homme [CF1] et en histoire de l’Afrique. Elle est de retour à l’Université d’Ottawa après une année passée à l’Institute for Advanced Study de la School of Historical Studies de Princeton, dans l’État du New Jersey, aux États‑Unis (2015-2016). Elle travaille présentement sur un projet de recherche financé par le Conseil de recherche en sciences humaines (2016-2020) intitulé Activism Along the Global Fringe: Rogue Lawyers, International Law and African Rights Claims in the Twentieth Century, qui fait ressortir des données historiques afin de montrer comment les Africains, avec des activistes et des avocats en Europe, au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, se sont servis de revendications de droits et d’arguments juridiques afin de contrer le colonialisme au milieu du XXe siècle.

Le travail de la professeure Terretta examine l’activisme juridique et les droits transrégionaux, tant passés que présents. Son dernier livre, Nation of Outlaws, State of Violence: Nationalism, Grassfields Tradition, and State-Building in Cameroon (Ohio 2014), étudie les liens entre les droits de la personne et les mouvements de libération révolutionnaires dans le contexte de la décolonisation du Cameroun français et du Cameroun britannique sous la tutelle des Nations Unies. Elle a récemment codirigé l’ouvrage African Asylum at a Crossroads: Activism, Expert Testimony, and Refugee Rights (Ohio 2015), une collection d’essais portant sur la jurisprudence en matière d’asile de réfugiés africains. Ses essais ont également été publiés dans le Human Rights Quarterly, le Journal of World History, le Journal of African History, Matériaux pour l’histoire de notre temps et Politique africaine, pour n’en nommer que quelques‑uns. 

Mme Terretta est également juriste-conseil sur la situation politique, sociale et culturelle de l’Afrique équatoriale contemporaine. Elle a agi comme témoin expert pour de nombreuses demandes d’asile faites par des citoyens africains aux États-Unis, au Canada et au Royaume‑Uni.

À titre de candidate pour la Chaire Gordon F. Henderson en droits de la personne, la professeure Terretta a donné une conférence intitulée « L’activisme à l’ombre de l’universalisme : Les droits humains, hier et aujourd’hui? » au Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne (CREDP) le 4 mars dernier.


 

Priorités et projets en tant que titulaire de la Chaire Gordon F. Henderson en droits de la personne

De quelle façon l’analyse de l’histoire des demandes de refuge ou d’asile, ainsi que des lois et des protocoles qui règlementent ces processus, peut-elle nous aider à comprendre les questions indissociables de migration, d’asile et de réfugiés qui sont d’actualité aujourd’hui? Pendant mon mandat à titre de titulaire de la Chaire Gordon F. Henderson, je travaillerai en collaboration avec des chercheurs, des étudiants et des activistes afin d’étudier l’histoire du droit international des réfugiés et l’usage novateur qu’en ont fait les représentants des gouvernements, les juristes, les activistes et les populations déplacées depuis ses origines. Les résultats de la recherche, intitulée Bursting at the Seams of International Refugee Law: Displacement, Statelessness and Asylum Seeking, Past and Present, facilitera l’étude des échecs et des réussites en matière de droit des réfugiés en vue d’une révision des protocoles internationaux sur l’asile politique et les réfugiés qui soit éclairée par des faits historiques et empiriques.

En tant que titulaire de la Chaire Gordon F. Henderson en droits de la personne, je rassemblerai des chercheurs, des activistes, des décideurs, des étudiants et des réfugiés de la région d’Ottawa qui étudient des questions relatives aux réfugiés et aux régimes de l’asile, soit de façon prescriptive ou critique. Je commencerai d’abord par communiquer avec les personnes qui travaillent sur ces questions au CREDP et à l’Université – notamment dans le cadre de diverses initiatives telles la Clinique sur les droits de la personne, l’Équipe de recherche en droits des réfugiés, le Projet d’assistance pour les réfugiés à l’Université d’Ottawa et le Carrefour des réfugiés de l’Université d’Ottawa – afin de voir comment nous pouvons collaborer pour améliorer les réseaux de soutien et les protocoles qui influencent la vie des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés dans la région d’Ottawa.

Ma démarche

En tant qu’historienne, je pose des questions qui peuvent nous aider à mieux comprendre notre conception moderne des droits de la personne. Par exemple, quelle est la relation historique entre la protestation violente ayant comme objectif de revendiquer des droits dans certaines situations et l’émergence des mouvements de défense des droits de la personne? Je m’intéresse également aux revendications de droits qui, lorsqu’elles ont été formulées pour la première fois, n’ont pas été protégées par des lois, soit parce que ces lois n’existaient pas ou parce qu’elles n’étaient pas appliquées. J’examine comment les revendicateurs et les défenseurs ont fait usage des lois – ou de l’absence des lois – pour faire adopter la législation et pour assurer la protection des droits. La plupart des historiens étudient l’histoire d’un endroit spécifique à un moment spécifique; pour ma part, je m’intéresse à l’Afrique du XXe siècle, une région du monde que l’on associe typiquement à des violations de droits. Ma recherche financée par le CRSH, qui s’intitule Activism Along the Global Fringe: Rogue Lawyers, International Law and African Rights Claims in the Twentieth Century, montre plutôt comment les Africains, avec des activistes de descendance africaine issus de la diaspora et des activistes et des avocats de l’Europe, du Royaume-Uni et de l’Amérique du Nord, étaient parmi les premiers à faire valoir des revendications de droits au cours du XXe siècle.

Ma recherche sur les revendications de droits en Afrique peut être mise en relation avec le projet de recherche sur les réfugiés, qui sera ma priorité à titre de titulaire de la Chaire Gordon F. Henderson. Les pays africains génèrent et reçoivent des flux de réfugiés depuis longtemps. En effet, aucun pays occidental de l’Europe ou de l’Amérique du Nord ne figure parmi les dix premiers pays pour l’accueil des réfugiés, alors que quatre pays africains font partie de cette liste (UNHCR 2015). L’un des objectifs principaux du projet Bursting at the Seams of International Refugee Law sera de faire l’historique des demandes d’asile en continent africain en mettant l’accent sur le déplacement intercontinental des populations africaines à partir des années 1950, moment de la création du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. En somme, le projet cherchera à comprendre quand, comment et pourquoi les systèmes de protection des réfugiés sont devenus insoutenables. Le Canada sera le pays d’accueil nord-américain étudié dans le cadre du projet. Au cours des 30 dernières années, les lois canadiennes sur les réfugiés se sont révélées autant sélectives qu’humanitaires dans leur façon de voir et d’accepter les demandeurs d’asile. Cette approche multifacette et complexe au droit de l’immigration et des réfugiés au Canada représente une étude de cas idéale pour comprendre les tensions actuelles entre les cadres normatifs que constituent le droit des réfugiés et les protocoles d’asile et la migration forcée à grande échelle.

J’invite les étudiants qui s’intéressent aux droits de la personne ainsi qu’au droit des réfugiés dans une optique historique à proposer des projets de recherche dans les domaines interdisciplinaires des droits de la personne, des études sur les réfugiés et des études africaines. Je serai heureuse de diriger ou de codiriger ces projets lors de mon mandat en tant que titulaire de la Chaire.

Haut de page